
![]()
sortie tout droit du livre des vivants des nouveaux américains le rockeur sanctifié est un mutant magnifié jusqu'à la moelle épinière. depuis l'épine dorsale jusqu'à l'oeil pinéal c'est la lente ascension millénaire du serpent le long des 7 chackras jusqu'à la glande pinéal qui n'est plus un oeil chez l'homme mais une sorte d'organe d'épinal générateur d'images faites chair entre le cuir et la peau pour la grande manifestation du verbe du verbe de l'illumination terminale: dieu bat sa viande, c'est une prière américaine. toute la dimension de l'errance rock'n'roll réside en ceci: le psychodrame du poète rock dans le territoire imaginaire de la culture. il ne m'est d'autre dialectique que de rendre compte de toute l'intellection de l'art rock: il suffit de penser à la corvette du sphinx parkée devant la grande pyramide ou crissant des pneus dans la vallée des rois... il s'agit ici d'une démarche sanctificatrice: tatouages, scarifications et autres insanités; prières psychédéliques devant le juke-box de toutankamon: le désordre dermographique est un chant lacéré. quand dieu était une femme l'homme portait des talons hauts et souffrait d'un mal imaginaire et incurable: l'androgynie. le sexe de dieu est la réjection de tout sexisme idéologique. ce qui est en haut est comme ce qui est en bas: il faut baisser les yeux pour voir dieu en face. chacun porte en lui son propre miroir divin. le rockeur sanctifié porte des lunettes-miroirs pour renvoyer à dieux son image reptilienne. faire le lézard afin d'éveiller en soi toute la puissance du serpent c'est jouer avec le feu pour allumer kundalini, c'est d'un rock'n'roll confidentiel qu'il s'agit. une démarche genre walking the dog/cadillac walk entre la reptation impériale et la pyramidale manie. le rockeur sanctifié fût, avant de devenir le roi lézard que je suis, le freak de montréal: stéréo-génèse de l'évolution créatrice jusqu'aux portes de la perception. les politiques de l'extase revisitées. hiéroglyphes à même la corporéité de l'être illustré de sacrifices, imprégné de rébellions urbaines, nous sommes des punks incas prisonniers des cités de l'amérique hérétique, la nouvelle atlantide rock'n'roll. nous sommes des enfants de râ derrière nos lunettes noires toute littérarité du rock'n'roll transparaît dans notre regard incroyable. quand le rockeur sanctifié se frotte les yeux il pratique la stimulation manuelle des phosphènes. quand "je" prie c'est Nous qui écoute. nous nous faisons du cinéma muet dans les gènes jusqu'au nombril de dieu: désormais: l'oeil, le sacré, la caméra, la puissance du serpent et l'indolence du lézard. crises de mysticisme dans les lavatories. la célébration du lézard est une pratique préliminaire au kundalini yoga. éveiller la puissance du serpent pour dessiller l'oeil pinéal: dieu n'a rien à craindre de ses reptiles. © Lucien Francoeur
par Lucien Francoeur
Le Devoir, Montréal, 24 novembre 1979
c'est l'âme de l'homme qui est atteinte jusqu'à la femme. il faut muter, ça presse, les trous noirs nous attendent comme des lunettes fumées. nous n'imaginons plus rien. la sanctification nous colle à la peau comme une insanité. c'est le reptile en moi qui rampe jusqu'à la conscience cosmique: je pense donc j'avance. l'imaginaire se tient dans mon froc: c'est la femme en moi qui parle; l'homme n'y entend plus rien. le rocker-mutant doit être parthénote, panthéiste et bassement scénique. quant au poète-rock, c'est l'obsession digitale qui le tient debout, droit devant le miroir de l'inversion divine...![]()
© 2002 Ronald Mc Gregor & Christian Morency. © 2002 Contenu Lucien Francoeur.
Ce site offre une lecture optimale à 800x600 avec Internet Explorer 5.1.4 et Netscape 7 pour Mac.